SOUVENIR$ DE MONIQUE P.:
SOUVENIRS DE MONIQUE P. (Aout 1958)
Mémé
tu veux du pétrole ?
Ou :
Mais où sont les plages d’antan ?
J’ai 10 ans, nous venons de Paris,
Maman, Solange qui a 3 ans et moi, au mois d’août 1958.
Pépé et Mémé Nataf ont loué une
maison au Kram, près de Tunis, à la plage. Nous sommes arrivées en
Tunisie par le Ville de Tunis, le bateau que nous avons pris à
Marseille, la veille au soir et qui fait la traversée en une nuit et
une matinée.
A la maison du Kram nous faisons la
connaissance de Guy, qui a également 3 ans, nous ne l’avons encore
jamais vu, nous ne venons pas si souvent en Tunisie.
C’est un vrai lutin, vif et drôle, pétillant d’intelligence, la coqueluche de toutes les cousines, Liliane, Elda et Régine, les filles de tata Marie, une des sœurs de Mémé.
C’est un vrai lutin, vif et drôle, pétillant d’intelligence, la coqueluche de toutes les cousines, Liliane, Elda et Régine, les filles de tata Marie, une des sœurs de Mémé.
Cette année-là nous ferons également
la connaissance de Gilles et de Monique. Et nous avons la surprise de
découvrir que Gilles et Solange sont appelés par le même petit
surnom, sans que leurs mères respectives se soient concertées ;
si vous êtes sages je vous dirai quel était ce surnom, je m’en
souviens parfaitement (1), mais je voudrais savoir d’abord si les
intéressés s’en souviennent, ha ha.
(1) Appel au micro : Les petits
Gilles et Solange sont demandés à l’accueil du Blog pour une
information les concernant.
Autour de la maison il y a un jardin
avec des orangers, des citronniers et même un bananier.
Quelquefois une carriole passe dans la
rue, tirée par un cheval, avec comme chargement une grosse bonbonne
de pétrole, dans les maisons des villages au bord de la mer, comme
le Kram, l’Aéroport, Khéreddine, la Goulette, on cuisine sur le
Primus, c’est un réchaud à pétrole. Le marchand annonce sa venue
en soufflant dans une trompe.
Dès qu’il entend « Touiiiiiiiin !!!
Bétrrrrouuuuule !!! », Guy court chercher Mémé en
criant de toute sa petite voix aigüe : « Méméééé !!!
Tu veux du pétrooooole ???? » et Maman se tord de rire
tellement il est drôle..
Je demande : « Elle est où
tata Jacquie ? »
On me dit qu’elle est en voyage
organisé, à Bruxelles, à l’Exposition Universelle, elle va
bientôt rentrer. Tiens, Bruxelles, ma ville natale. Bon. J’attends.
Et un matin, je vois débarquer dans le
jardin… non mais ! Ma parole, c’est une fée, ou quoi ?
Presque. C’est Jacquie dans une magnifique robe « trapèze »
bleue, dernière mode ; elle est éblouissante, radieuse, tout
son sourire est dans ses yeux de chat, ce qui n’étonnera personne,
n’est-ce pas ?
Ah ça alors ! C’est
possible que moi la mioche de 10 ans toute maigre et qui ai
l’air d’un salsifis mal poussé, j’aie une tante aussi
belle ?
En plus elle a ramené des disques : du rock (Tutti Frutti par Little Richard, qu’on chante toute la journée à tue-tête, et Guy le premier : aba ba belouma bela be bin bloum, tutti frutii, etc.)
En plus elle a ramené des disques : du rock (Tutti Frutti par Little Richard, qu’on chante toute la journée à tue-tête, et Guy le premier : aba ba belouma bela be bin bloum, tutti frutii, etc.)
Et les Platters, ah ! les
Platters : Only you, sa chanson préférée pendant des années ;
Tsilla n’est pas encore dans les
plans de ses parents, qui viennent à peine de se connaître, je
crois bien, mais cette petite futée est déjà en embuscade, de
l’autre côté de la Méditerranée.
Mais ça c’est une autre histoire,
comme dirait Rudyard Kipling.
Monique P.
Suzette et Charlot ont aussi loué une
maison pour l’été tout près de la nôtre. A midi on va se
baigner avec Scarlett et Paul ( Popol, comme on l’appelait jadis).
Marco doit être avec ses copains. Paul prend souvent une périssoire
au Club Shell et quelquefois je monte dedans avec lui mais c’est
lui qui rame. Ah, mais !
On joue au volley dans l’eau, tout
au bord, ça veut dire qu’on se met en cercle et on fait des passes
de volley, ni filet ni points à marquer, tant mieux.
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1952
Monique P. entre ses 2 potes...
Petite histoire dans l'histoire de la
photo :
Cette
photo a été prise à Roissy-en-Brie en Seine- et- Marne en 1952.
Nous sommes en pension chez une femme qui s’appelle Mariette, nous
l’appelons Mémère.
Si j’ai bien compris,
elle a peut-être caché des enfants juifs pendant la guerre. Après
elle a continué en prenant des enfants en pension chez elle pendant
les vacances, souvent juifs, c’est logique, on devait se repasser
l’adresse. Je crois que Maman m’a dit qu’un de ses ex
était juif. et que c’était un prof d’université.
Monique
P.
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OU SONT PASSÉES LES AIGUILLES A
TRICOTER ?
J’ai un souvenir
inoubliable de Tsilla à Alfortville, qui se croyait aux 24 h du
Mans. J’explique. Avec sa copine Catherine, elles avaient pris une
grande boîte en carton, sous laquelle elles avaient fixé des patins
à roulettes, qui ne s’appelaient pas encore des rollers. Et
je les vois tout d’un coup, assises dans le carton, passer à toute
allure sur le parking derrière la maison en ramant avec..avec ..les
aiguilles à tricoter de Mémé. J’en rigole encore .Dommage qu’il
n’y ait pas eu de photo. Mais si tu veux, Tsilla, on peut rejouer
la scène avec toi dans le carton.
Tsilla :
..."me rappelle pas du tout de cet
épisode... mais à l'époque on n'avait peut-être pas tous ces jeux
sophistiqués, mais par contre, on ne manquait pas d'imagination..
dommage qu'il n' y ait pas eu de photo.. on aurait pu breveter les
1ers rollers...!!?"
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A propos de Mémé Nataf...
Maman me racontait (il y a très
longtemps) que Mémé avait perdu sa mère très jeune, et qu'elle
avait du s'occuper de tous ses jeunes frères et sœurs..
Mais elle était encore une adolescente
et ne savait pas comment s'y prendre..
Alors toutes les nuits, en rêve, elle
voyait sa mère qui lui expliquait comment elle devait faire.. pour
les repas, la lessive, l'organisation.... incroyable non...??
Elle m'a dit aussi que le père de
Mémé avait été assassiné...?
Et que son grand-père était devenu
fou après s’être fait totalement escroqué par son associé...
Je n'en sais pas plus... mais c'est
très romanesque..!!?
Tsilla
Je
vois que je vais devoir te raconter la saga des Safari, entre autres
l’histoire de Chalom Sarfati, notre arrière-grand-père assassiné
par des fellaghas rebelles qui vivaient dans la montagne à Kasserine
. ils l’ont assassiné non pas pour lui-même, mais ils avaient
besoin d’argent pour soutenir la rébellion contre l’occupant
français. Ils ont tiré dans la serrure pour forcer la porte et lui
était derrière, il a pris une balle dans le ventre. Les rebelles
savaient qu’il avait la paie des ouvriers ce jour-là.
Monique
P.
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