L'EXPULSION DE MES PARENTS
A notre
départ de Tunis, mes parents ont vendu l'immeuble que nous habitions
Rue Asdrubal, mais à la condition qu'ils restent locataires de leur
appartement.
Ce
qu'ils ne savaient pas, c'est que l'acheteur était un gros bonnet du
parti gouvernemental du Destour et qu'il était directeur du plus
grand hôpital de Tunis.
Pendant
quelques années, tout a bien marché; sauf que ce monsieur qui avait
loué les 2 autres appartements de l’immeuble, ne voulait pas
s'abaisser à aller chercher les loyers des 2 autres familles. Il
venait chez Papa boire une tasse de café et encaisser les 3 loyers.
Un jour
de Décembre (mes parents avaient alors 80 ans) à 7h du matin, on
frappe à la porte, mon père ouvre, c'est le propriétaire
accompagné d'un policier et de portefaix.
Il dit
qu'ils sont expulsés parce que l'immeuble menace de ruine; sans
qu'ils soient au courant de ce jugement de la veille et d'une
procédure à leur encontre.
Les
portefaix sortent les meubles et vident la maison sur le trottoir
dans la rue.
Maman
s'assoit sur une chaise dans la rue et se met à pleurer. Les
papiers, les vêtements, tout est jeté.
Heureusement
, une dame, qui connaissait mes parents, savait où habitait une
nièce, se précipite et prévient la parenté qui arrive, emmène
Papa et Maman chez elle, ramasse des papiers, des vêtements et nous
téléphone.
Tout
cela aurait été normal, sauf en Décembre, avec des personnes âgées
et en quelques heures.
Et
quelques mois après, des amis passant par là, ont constaté que
l'immeuble avait été surélevé de 3 étages, que mon ancien
appartement était devenu un magasin de vente de batteries
automobiles et que celui de mes parents était devenu une boutique de
pièces détachées.
Henri
SLAMA
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