mercredi 6 avril 2016

Pause du blog Bis pour le moment...

Bon j'ai peut-être trouvé un moyen de tout conserver sur le même blog... en séparant les pages de photos et les pages de textes...(et les vidéos).
Quand je vous disais que j'étais une quiche en informatique !!! Bon, en même temps, on ne m'aide pas beaucoup hein... les cousins, cousines et les jeunes...!!?
On va voir ce que çà donne comme çà sur le 1er blog.. (sinon je reprendrai ce 2è blog pour les textes).. vous me direz si c'est trop confus sur le 1er ..!?

Bizzz à tous




mardi 5 avril 2016

Ivan et moi (Jacqueline Slakmon)

IVAN ET MOI : NOS JEUNES ANNÉES

Ivan, c'était en souvenir d'un chauffeur russe de Papa quand il avait son entreprise de transport.

Simon, c'était en souvenir du rêve prémonitoire de Maman, où "Rabbi Shimoun" était entré dans sa maison, faisant bruler de l'encens et disposant un peu partout des raisins secs, des amandes, des noisettes, et lui annonçant la naissance d'un fils.

"Le 66", c'était notre maison familiale à Tunis . La plupart d'entre nous y sommes nés. C'était "la maison du Bon Dieu" : porte ouverte, table ouverte. Tout le monde s'y retrouvait : nos parents et nous, bien entendu, nos cousins et cousines, nos voisins et voisines ainsi que les amis de nos amis – sans oublier notre chat "Minachou-chou-chou". C'était un va-et-vient permanent, animé et joyeux.

"La maison du Pince" (du nom d'un parent désargenté du Bey qui nous la louait), à Khereddine, c'était notre maison d'été, où nous passions 3 à 4 mois par an , de Juin à Septembre. Et toujours la même ambiance : la famille, les voisins, les amis, les levers de soleil sur la mer, les clairs de lune inoubliables, où Ivan et moi essayions de comprendre pourquoi elle nous suivait partout. Discussions sans fin...

"Soulico", c'était sa chanson préférée, très douce et mélancolique, probablement en souvenir des longues nuits d'été à Khereddine, où nous chantions sous les étoiles.

Korbous, c'était un petit village thermal, où nous passions nos vacances de Noël. Il n'y avait qu'une seule rue, qui menait vers la mer où se trouvaient plusieurs sources chaudes, (aïn Sbia, Aïn Chfè, etc...) y compris DANS la mer. Chaque matin, nous faisions le tour des 4 ou 5 sources pour boire un verre de ces eaux au gout très désagréable, après quoi nous avions droit à une orange chacun.

Il y avait aussi la montagne, avec la "grotte du loup" où nous nous cachions, et les longues promenades dans la pinède où nous faisions griller des pommes de pins pour en extraire les petits pignons. Tout en haut, c'était la maison mystérieuse de LECORE-CARPENTIER, grand journaliste français, ainsi que son tombeau.
Méditations sur les secrets de sa vie et de sa mort...

Mais le plus amusant pour nous était "la glissade", une roche lisse et brillante, inclinée à au moins 45 degrés, et où nous passions notre temps à glisser sans relâche - et tant pis pour nos fonds de culotte ! La légende disait que les femmes stériles, après quelques glissades, pouvaient enfin avoir un enfant...

LA VIE : Ivan et moi, nous nous sommes posé très tôt les questions métaphysiques, en essayant d'inventer quelques réponses : peut-être n'étions-nous que des infiniment-petits (genre Lilliputiens) qui nous prenions pour le nombril du monde sans savoir que les infiniment-grands (Gulliver par exemple) ignoraient notre existence même. Peut-être n'étions-nous que de petits brins d'herbe vivant heureux au soleil, et que d'énormes créatures inconnues écrasaient sans même s'en rendre compte, simplement en marchant... peut-être, peut-être...

LA MORT : On nous disait : "Un-tel a perdu sa mère". Comment était-ce possible ? S'était -elle envolée par la fenêtre pour aller au ciel ? Était-elle passée de l'autre coté d'un miroir ? Mystère... Le soir, nous laissions notre fenêtre grand'ouverte très très longtemps, en espérant que cette personne choisirait notre maison pour revenir au monde... Sans succès, évidement . Nous essayions à tour de rôle d'inventer des réponses.
A bout d'imagination, nous avions finalement décidé que si nous nous "perdions", nous regarderions la lune chacun de notre coté, et qu'ainsi nous pourrions surement communiquer.

  MÉLANCOLIE: Pour Ivan et moi , c'était certaines musiques comme "La chanson de Solveg" de Grieg, "La valse Triste" de Sibélius, ou l'Adagio d'Albinoni, quelques œuvres de Chopin, dont le prélude intitulé par Cortot : "Sur la Tombe d'un Ami", ainsi que certains lieds de Shubert comme " Le Roi des Aulnes" ou "Marguerite au Rouet"...
Il y avait quelques poèmes de Victor Hugo : "Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne"... ou "Les vivants sous le ciel tremblent, souffrent et pleurent"... , ainsi que "Le Lac", de Lamartine, et tant d'autres dont je ne me souviens plus.

Quand il a passé son bac de philo, sur un sujet qui traitait de la mélancolie, il n'a rien trouvé de mieux que de citer "La Valse de l'Adieu" de Chopin, en inscrivant sur une portée tous les demi-tons chromatiques qui la rendaient si mélancolique justement , et il avait obtenu une note mirobolante ! J'imagine que les correcteurs n'en avaient jamais tant vu !

Ivan avait une mémoire incroyable. Il me disait que dès qu'il lisait un texte, çà s'imprimait dans sa tête et il ne pouvait plus l'oublier, même si çà ne l’intéressait pas outre mesure ! (C'est une chance qui n'est pas donnée à tout le monde).

C'était un être à part, à l'intelligence vive et si pointue, à l'ironie souvent mordante mais jamais méchante. Il me parlait de ses projets, plus rocambolesques les uns que les autres, de ses inventions (il était déjà question en 1942 de bateaux sur coussins d'air et de tant d'autres choses). Et il avait déjà mis au point un système qui programmait , à l'heure choisie, l'allumage de sa chambre, de sa radio, etc... quand il décidait de travailler la nuit ! Inutile de décrire l'imbroglio de fils qui pendaient dans tous les sens entre sa chambre et la pendule de la salle à manger ! J'étais très admirative , mais je n'avais pas la fibre scientifique, alors que tout semblait si simple pour lui ! Papa et Maman le laissaient faire, puisque c'était pour la bonne cause : il préparait son bac !

Il avait une capacité de travail sans limite, et n'avait pas d'horaires. Il pouvait étudier sans discontinuer pendant des heures , puis dormir 12 heures d'affilée. Pour ses repas aussi , c'était le désordre le plus complet. Maman, qui s'inquiétait pour sa santé, lui apportait de temps en temps un café ou quelque chose à manger : une fricassée, une omelette aux oignons, une boulette de viande.. Il avait avec elle une relation spéciale, mais sans effusions. Quand il voulait lui demander quelque chose de particulier, il lui disait : "Maman, sois mignonne, apportes-moi"... ou "fais-moi"... Elle ne pouvait rien lui refuser, car c'était demandé si gentiment !

Jusqu'à l'age de 17 ans, il aimait se détendre en fin de journée, quand Maman et Papa prenaient l'air au balcon, en s'asseyant sur les genoux de Maman. Maman rouspétait un peu pour la forme : "Tu es grand maintenant ! Et tu es trop lourd !" Et Papa : "Allons, allons, tu ne vois pas que ta mère est fatiguée ?" Mais tout le monde appréciait ce moment de bonheur.

Plus tard, il disait : "Moi, mon signe particulier, c'est que je ne peux pas me passer de ma mère"!

Nous nous entendions bien et étions très complices. Nous avions nos petits secrets. Quelquefois, il me faisait croire qu'il était magicien, grâce à quelques petits trucs connus de lui seul. Et quand il nous arrivait de nous disputer parfois, il me menaçait de me transformer en cheval ou, pire encore, en cafard dont il savait que j'avais une peur et un dégoût intenses. Comme je ne savais pas comment m'en sortir, cela finissait généralement par un bon coup de pied au tibia ! Mais ce n'était pas souvent.

Nous étions les plus jeunes de notre famille et aussi de nos cousins et cousines. Les soirées étaient très animées chez nous, et nous, de notre petit point de vue, nous observions et participions à tout, surtout quand notre cousin Hector venait : c'était un compromis entre Charlie Chaplin et Groucho Marx. Il faisait des acrobaties et des mimiques irrésistibles, il racontait des histoires invraisemblables mais parfois vraies, surtout sur la période de la guerre, qu'il avait faite dans la 2è DB. On aurait dit qu'il n'en avait retenu que les gags et les rigolades... C'était des rires et des fou-rires sans fin...

La nuit avançait, et personne ne voulait aller se coucher, au grand dam de nos parents car le lendemain, il fallait aller à l'école ou au travail !

Un jour, beaucoup plus tard, Ivan lui a dit : "Tu sais, je voulais que tu le saches, tu as illuminé notre jeunesse" ! Et c'était bien vrai.

Et quand Hector rencontrait notre frère Charlot à la maison, alors il n'y avait plus de limite : avec eux 2, on était partis pour la nuit entière. Charlot racontait des histoires en sabir, de Kadour Ben Nitram (du nom inversé de Martin), qui n'étaient autres que les fables de La Fontaine revues à la mode et avec la prononciation des autochtones de chez nous. Il jouait du piano à la manière de Harpo Marx, à grands coups d'accords et d'arpèges d'un bout à l'autre de clavier et jusqu'à en tomber par terre, en chantant à tue-tête "Atchichourmia"! Les voisins en ce temps-là étaient de bonne composition et tout se passait bien – ou alors ils étaient chez nous et riaient avec nous.

Et puis, peu à peu, nos réunions familiales se sont espacées, chacun a construit sa vie : certains se sont mariés, d'autres sont allés vivre à Paris, et un jour, Ivan est parti poursuivre ses études à Aix. Je n'imaginais pas que c'était le début d'une si longue séparation. Au début, il m'écrivait pour me dire comment il vivait, Cours Mirabeau, chez quelqu’un avec qui il s'entendait très bien – à condition qu'on ne mette jamais d'ordre à son bureau ! Et puis, il y avait le froid et la neige qu'il supportait très mal, à tel point qu'il n'allait pas à la fac ces jours-là, et c'était souvent. Mais il a quand même mené à bien ses études. Puis, il est parti à Paris.

Ivan n'est revenu que 2 fois à Tunis : une fois pour nous revoir, et Maman n'était pas peu fière de se promener à son bras (nous aussi d'ailleurs) ! Et une 2è fois au décès de Papa. Et depuis, bien que nos liens soient restés très solides, nous n'avons pas eu beaucoup d'occasions de nous revoir : le déracinement et l'éclatement de notre famille aux 4 coins de la France, ainsi que le tourbillon de la vie de chacun, ont fait que tout était devenu très compliqué pour nous tous.

Le 4 Mai, Ivan nous a quitté pour toujours. Ça a été un crève-cœur pour tout le monde, et aussi le fait que nous n'ayons pas pu le revoir, lui dire combien nous l'aimions et l'embrasser une dernière fois avant la séparation éternelle. Tout s'est passé si vite !

J'ai eu la chance de lui parler quelques jours auparavant, car j'étais très inquiète pour lui, mais c'est lui qui m'a tranquillisée. Il était serein et confiant dans le traitement qui allait enfin lui être prodigué après des mois d'analyses et d'examens éprouvants. Il savait qu'il était très affaibli mais, courageux, il était sur de pouvoir remonter la pente.

Nous avons évoqué quelques souvenirs, et je lui ai rappelé que Papa et Maman l'appelaient "Fan'fana" ou " Fanachtou" quand il était petit – çà l'a fait rire...

Quant à moi je continuerai à penser à lui en regardant la lune (comme nous en étions convenu quand nous étions jeunes), et peut-être m'enverra-t-il un message ?

Pour finir, voici un proverbe que j'ai découvert il n y a pas si longtemps, à l'occasion de circonstances dramatiques :

"Ne pleurez pas de l'avoir perdu,
Mais réjouissez-vous de l'avoir connu ".

Jacqueline Slakmon
le 11 Juin 2006






A propos de Mémé Nataf...


A propos de Mémé Nataf...



Maman me racontait (il y a très longtemps) que Mémé avait perdu sa mère très jeune, et qu'elle avait du s'occuper de tous ses jeunes frères et sœurs..

Mais elle était encore une adolescente et ne savait pas comment s'y prendre..
Alors toutes les nuits, en rêve, elle voyait sa mère qui lui expliquait comment elle devait faire.. pour les repas, la lessive, l'organisation.... incroyable non...??
Elle m'a dit aussi que le père de Mémé avait été assassiné...?
Et que son grand-père était devenu fou après s’être fait totalement escroqué par son associé...
Je n'en sais pas plus... mais c'est très romanesque..!!?


Tsilla



Je vois que je vais devoir te raconter la saga des Sarfati, entre autres l’histoire de Chalom Sarfati, notre arrière-grand-père assassiné par des fellaghas rebelles qui vivaient dans la montagne à Kasserine . ils l’ont assassiné non pas pour lui-même, mais ils avaient besoin d’argent pour soutenir la rébellion contre l’occupant français. Ils ont tiré dans la serrure pour forcer la porte et lui était derrière, il a pris une balle dans le ventre. Les rebelles savaient qu’il avait la paie des ouvriers ce jour-là.
Son métier c’était de récolter de l’alfa dans la steppe tunisienne, où le gouvernement lui avait donné une concession. Il récoltait l’alfa pour en faire de la pâte à papier. Il a même inventé un procédé de fabrication et pour ça il a été décoré par la reine Victoria, because il était britannique.
Et pourquoi il était britannique, me direz-vous ma chère amie ?
Eh ben pasque il est né à Malte. Et pourquoi il est devenu britannique en naissant à Malte ? Ya pas que des oranges à Malte ? Eh ben pasque là-bas les coco les colons c’était les Zanglais. Et pourquoi il est né à Malte ? Pasque sa mère est allée à Malte avec plein de gens et elle a accouché là-bas.
Et pourquoi ils sont tous allés la-bas ?
Pasque en Tunisie yavait une épidémie de choléra. Mais là je peux pas te dire pourquoi yavait une épidémie de choléra.
Quant à la mère de Mémé, nommée Ghezala, elle est morte en accouchant de son 11e enfant, quand Mémé devait avoir environ 17 ans.
Elle a donc laissé veuf Chalom Sarfati, qui s’est remarié un an après, et qui a été assassiné comme je t’ai dit.
Tout ça c’est un résumé, et tout est dans le livre de Gisèle Sarfati, nièce de Mémé, et fille de Léon Sarfati, le plus jeune frère de Mémé, celui qui n’a pas connu sa mère puisqu’elle est morte en le mettant au monde.
J’ai ce bouquin quelque part et Ginette aussi je crois ? et c’est beaucoup plus complet que ma propre prose.

Monique P.





Mémé tu veux du pétrole ? Ou : Mais où sont les plages d’antan ? (Monique P.)


SOUVENIRS DE MONIQUE P. (Aout 1958)

Mémé tu veux du pétrole ?
Ou : Mais où sont les plages d’antan ?

J’ai 10 ans, nous venons de Paris, Maman, Solange qui a 3 ans et moi, au mois d’août 1958.
Pépé et Mémé Nataf ont loué une maison au Kram, près de Tunis, à la plage. Nous sommes arrivées en Tunisie par le Ville de Tunis, le bateau que nous avons pris à Marseille, la veille au soir et qui fait la traversée en une nuit et une matinée.
A la maison du Kram nous faisons la connaissance de Guy, qui a également 3 ans, nous ne l’avons encore jamais vu, nous ne venons pas si souvent en Tunisie. C’est un vrai lutin, vif et drôle, pétillant d’intelligence, la coqueluche de toutes les cousines, Liliane, Elda et Régine, les filles de tata Marie, une des sœurs de Mémé.
Cette année-là nous ferons également la connaissance de Gilles et de Monique. Et nous avons la surprise de découvrir que Gilles et Solange sont appelés par le même petit surnom, sans que leurs mères respectives se soient concertées ; si vous êtes sages je vous dirai quel était ce surnom, je m’en souviens parfaitement (1), mais je voudrais savoir d’abord si les intéressés s’en souviennent, ha ha.

(1) Appel au micro : Les petits Gilles et Solange sont demandés à l’accueil du Blog pour une information les concernant.

Autour de la maison il y a un jardin avec des orangers, des citronniers et même un bananier.
Quelquefois une carriole passe dans la rue, tirée par un cheval, avec comme chargement une grosse bonbonne de pétrole, dans les maisons des villages au bord de la mer, comme le Kram, l’Aéroport, Khéreddine, la Goulette, on cuisine sur le Primus, c’est un réchaud à pétrole. Le marchand annonce sa venue en soufflant dans une trompe.
Dès qu’il entend « Touiiiiiiiin !!! Bétrrrrouuuuule !!! », Guy court chercher Mémé en criant de toute sa petite voix aigüe : « Méméééé !!! Tu veux du pétrooooole ???? » et Maman se tord de rire tellement il est drôle..
Je demande : « Elle est où tata Jacquie ? »
On me dit qu’elle est en voyage organisé, à Bruxelles, à l’Exposition Universelle, elle va bientôt rentrer. Tiens, Bruxelles, ma ville natale. Bon. J’attends.
Et un matin, je vois débarquer dans le jardin… non mais ! Ma parole, c’est une fée, ou quoi ? Presque. C’est Jacquie dans une magnifique robe « trapèze » bleue, dernière mode ; elle est éblouissante, radieuse, tout son sourire est dans ses yeux de chat, ce qui n’étonnera personne, n’est-ce pas ?
Ah ça alors ! C’est possible que moi la mioche de 10 ans toute maigre et qui ai l’air d’un salsifis mal poussé, j’aie une tante aussi belle ? En plus elle a ramené des disques : du rock (Tutti Frutti par Little Richard, qu’on chante toute la journée à tue-tête, et Guy le premier : aba ba belouma bela be bin bloum, tutti frutii, etc.)
Et les Platters, ah ! les Platters : Only you, sa chanson préférée pendant des années ;
Tsilla n’est pas encore dans les plans de ses parents, qui viennent à peine de se connaître, je crois bien, mais cette petite futée est déjà en embuscade, de l’autre côté de la Méditerranée.
Mais ça c’est une autre histoire, comme dirait Rudyard Kipling.

Monique P.


Suzette et Charlot ont aussi loué une maison pour l’été tout près de la nôtre. A midi on va se baigner avec Scarlett et Paul ( Popol, comme on l’appelait jadis). Marco doit être avec ses copains. Paul prend souvent une périssoire au Club Shell et quelquefois je monte dedans avec lui mais c’est lui qui rame. Ah, mais !
On joue au volley dans l’eau, tout au bord, ça veut dire qu’on se met en cercle et on fait des passes de volley, ni filet ni points à marquer, tant mieux.





Poème préféré de Jacquie


Le vent aime la fleur, la fleur le papillon,
Le papillon l'azur, l'azur le doux rayon
De l'étoile lointaine...

L'étoile aime la mer, et la mer le rocher
Qui se laisse embrasser sans se laisser toucher
Par l'amour ou la haine...

Las ! Est-ce donc la loi des choses d'ici-bas ?
Moi aussi, j'aime qui ne m'aimera pas,
C'est une autre qui m'aime,

Et celle à qui j'aurais voulu donner mes jours
Cherchera loin de moi d'impossibles amours
Qui la fuiront de même...

O vent, fleur, papillon, azur, étoile, mer,
Vous qui souffrez aussi de ce tourment amer,
Amis silencieux,

Frères de l'infini, puisque l'on se ressemble,
Venez, rapprochons-nous, consolons-nous ensemble,
Aimons-nous sous les cieux.

 Auteur ??


L'expulsion de mes parents (Henri SLAMA)


L'EXPULSION DE MES PARENTS


A notre départ de Tunis, mes parents ont vendu l'immeuble que nous habitions Rue Asdrubal, mais à la condition qu'ils restent locataires de leur appartement.
Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que l'acheteur était un gros bonnet du parti gouvernemental du Destour et qu'il était directeur du plus grand hôpital de Tunis.
Pendant quelques années, tout a bien marché; sauf que ce monsieur qui avait loué les 2 autres appartements de l’immeuble, ne voulait pas s'abaisser à aller chercher les loyers des 2 autres familles. Il venait chez Papa boire une tasse de café et encaisser les 3 loyers.

Un jour de Décembre (mes parents avaient alors 80 ans) à 7h du matin, on frappe à la porte, mon père ouvre, c'est le propriétaire accompagné d'un policier et de portefaix.
Il dit qu'ils sont expulsés parce que l'immeuble menace de ruine; sans qu'ils soient au courant de ce jugement de la veille et d'une procédure à leur encontre.
Les portefaix sortent les meubles et vident la maison sur le trottoir dans la rue.
Maman s'assoit sur une chaise dans la rue et se met à pleurer. Les papiers, les vêtements, tout est jeté.
Heureusement , une dame, qui connaissait mes parents, savait où habitait une nièce, se précipite et prévient la parenté qui arrive, emmène Papa et Maman chez elle, ramasse des papiers, des vêtements et nous téléphone.

Tout cela aurait été normal, sauf en Décembre, avec des personnes âgées et en quelques heures.
Et quelques mois après, des amis passant par là, ont constaté que l'immeuble avait été surélevé de 3 étages, que mon ancien appartement était devenu un magasin de vente de batteries automobiles et que celui de mes parents était devenu une boutique de pièces détachées.

Henri SLAMA

Promenade involontaire (Henri SLAMA)


PROMENADE INVOLONTAIRE
(ou les 1ères blagues de Serge...!?)

Nous habitions alors à Tunis une maison à simple rez-de-chaussée, à un angle de rue.
A cette époque, la crise de Bizerte (juillet 1962) mettait Tunis dans un état de tension survolté. Les tunisiens voyaient ou croyaient voir partout des espions français.

Sur ce, on me téléphone au travail pour me dire que Serge (agé de 10 ans) avait été emmené au commissariat et qu'il fallait que j'y aille de suite.
Au commissariat, je vois Serge, assis dans un coin, prostré.
On m'indique, qu'avec son tir haut, il avait brisé le gyrophare de la voiture de police; les policiers avaient surgi, révolver à la main et ils avaient emmené Serge avec eux
(le tir haut consiste, avec un morceau de balai, à taper de toute force sur un petit morceau de balai effilé et l'envoyer le plus loin).

Mais le commissaire n'est pas là et j'attends. Il arrive au bout d'un moment et se fait expliquer la situation.
Dans son bureau, il me dit que cela est très grave, qu'on est en état d'alerte, et qu'attaquer la police çà peut mener très loin.
Je répond que c'est un enfant qui jouait dans la rue. Il ne pouvait pas savoir que la voiture de police allait déboucher à cette minute.
Le ton monte et le commissaire commence à s'énerver.

Heureusement, il me demande ma profession. Je répond que je suis conseiller à l'ambassade des états-unis et que je suis un des responsables du ravitaillement de la Tunisie par les américains, et que j'ai pas mal de contacts avec les ministres tunisiens.
Or, c'est le grand flirt entre les 2 pays.
Le ton change très vite.
Je propose de payer la réparation du véhicule. Pas question.
Il me raccompagne. Je dis hypocritement que je vais corriger Serge qui jouait dans la rue au lieu de faire ses devoirs.

Je me demande seulement ce qui serait arrivé si, au lieu de travailler à l’ambassade des états-unis, j'avais tenu une petite boutique au souk.

Henri SLAMA