PROMENADE INVOLONTAIRE
(ou les 1ères blagues de Serge...!?)
Nous
habitions alors à Tunis une maison à simple rez-de-chaussée, à un
angle de rue.
A cette
époque, la crise de Bizerte (juillet 1962) mettait Tunis dans un
état de tension survolté. Les tunisiens voyaient ou croyaient voir
partout des espions français.
Sur ce,
on me téléphone au travail pour me dire que Serge (agé de 10 ans)
avait été emmené au commissariat et qu'il fallait que j'y aille de
suite.
Au
commissariat, je vois Serge, assis dans un coin, prostré.
On
m'indique, qu'avec son tir haut, il avait brisé le gyrophare de la
voiture de police; les policiers avaient surgi, révolver à la main
et ils avaient emmené Serge avec eux
(le tir
haut consiste, avec un morceau de balai, à taper de toute force sur
un petit morceau de balai effilé et l'envoyer le plus loin).
Mais le
commissaire n'est pas là et j'attends. Il arrive au bout d'un moment
et se fait expliquer la situation.
Dans
son bureau, il me dit que cela est très grave, qu'on est en état
d'alerte, et qu'attaquer la police çà peut mener très loin.
Je
répond que c'est un enfant qui jouait dans la rue. Il ne pouvait pas
savoir que la voiture de police allait déboucher à cette minute.
Le ton
monte et le commissaire commence à s'énerver.
Heureusement,
il me demande ma profession. Je répond que je suis conseiller à
l'ambassade des états-unis et que je suis un des responsables du
ravitaillement de la Tunisie par les américains, et que j'ai pas mal
de contacts avec les ministres tunisiens.
Or,
c'est le grand flirt entre les 2 pays.
Le ton
change très vite.
Je
propose de payer la réparation du véhicule. Pas question.
Il me
raccompagne. Je dis hypocritement que je vais corriger Serge qui
jouait dans la rue au lieu de faire ses devoirs.
Je me
demande seulement ce qui serait arrivé si, au lieu de travailler à
l’ambassade des états-unis, j'avais tenu une petite boutique au souk.
Henri SLAMA
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